Le rappeur et leader du Mouvement « Balai Citoyen » au Burkina est le lauréat en 2016 du prix international « Gwangju Prize for human rights », un premier pour un Africain.Serge-Bamba-alias-Smockey-Flickr-Smockey-

Le rappeur et activiste burkinabé Smockey recevra le 18 mai prochain en Corée du Sud le prix « Gwangju Prize for human rights », 2016. Créé en 2000 pour récompenser les hommes, groupes ou institutions qui se sont distingués dans la protection des droits humains, c’est la première fois que ce prix est attribué à un Africain.

Chaque année un appel est lancé par la fondation sud-coréenne du 18 mai, initiatrice dudit prix, en mémoire de mouvement démocratique que ce pays d’Asie du Sud-Est a connu en mai 1980, pour recenser des candidats aussi bien en Corée du Sud que partout dans le monde.

En 2004, la célèbre militante birmane Aung San Suu Kyi a été lauréate du même prix.

De son vrai nom Serge Bamaba, Smockey (S’moquer), 46 ans, est un musicien de hip-hop, rappeur, acteur et militant politique basé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Né d’un père Bisa (Burkinabé) et d’une mère française, il a déménagé en 1991 en France pour effectuer ses études. En 2001, il revient au Burkina Faso et créé le studio Abazon.

Smockey a remporté en 2006 le Kundé d’Or – trophée de la musique burkinabé – dans la catégorie « Meilleur Artiste de l’année », qu’il reçoit des mains de Chantal Compaoré, alors Première Dame du Burkina Faso. En 2010, il gagne un Kora Awards – trophée de la musique africaine – dans la catégorie « Meilleur Artiste Hip-Hop ». Son œuvre musicale est très influencée par des thèmes politiques et militants.

Il a également tourné en 2008 dans l’adaptation du roman En attendant le vote des bêtes sauvages de l’écrivain ivorien Ahmadou Kourouma, sous la direction de Missa Hébié.

Smockey se réclame de l’héritage et des idéaux du capitaine Thomas Sankara, révolutionnaire marxiste-léniniste, anti-colonialiste et figure du panafricanisme, qui a dirigé le Burkina Faso entre 1983 et son assassinat, le 15 octobre 1987, à la suite d’un putsch orchestré par son successeur et ancien frère d’arme Blaise Compaoré.

Smockey co-fonde en 2013 Le Balai citoyen, un mouvement politique populaire, avec d’autres activistes du Burkina dont le musicien de reggae, animateur radio et militant politique Sams’K Le Jah. Ce mouvement entend lutter contre la corruption politique et s’est notamment illustré par son opposition au pouvoir du président Blaise Compaoré et sa forte implication lors de la deuxième révolution burkinabè, qui contraint Compaoré à abandonner le pouvoir et à fuir le pays le 31 octobre 2014, après plus de 27 ans de règne. Smockey a été l’une des figures de proue de cette vague de contestation.

Le 17 septembre 2015, son studio d’enregistrement Abazon est attaqué au lance-roquette et incendié par des éléments putschistes du Régiment de sécurité présidentielle, demeuré loyal au président déchu Blaise Compaoré.

Source: Thisisafrica

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